Je pars très tôt à JFK pour rien au monde je ne veux perdre, ou louper une place dans un possible départ, je revois l'homme d'AIR FRANCE qui m'avait prété son téléphone la veille, il m'aide à porter mes bagages, et me dirige vers un bureau d'enregistrement....ouf ! je crois que çà va marcher je montre mes maigres papiers d'identité, maintenant je sais que j'ai une chance de partir parceque je suis seul.
-------------------------------------------------------------------------------------------------
"Je suis incapable de phraser, ni de faire du littéraire", je comte sur ma mémoire
pour d'écrire la trentaine de jours qui ont suivi le 11 septembre 2001, c'est déjà suffisamment douloureux de tout me souvenir, je revois tous les visages que j'ai laissé au 33ème étage.
-------------------------------------------------------------------------------------------------
A 17 heures l'avion décole, j'ai peur, et pourtant je n'ai jamais eu peur en avion, mais là il y a une curieuse ambiance, ou plutôt un curieux silence, seul le bruit des bagages à mettre dans les cases prévues pour celà. L'angoisse qu'un personne ne soit pas passée au détecteur, je pense aux kuters, une obsession, qui ne me quitte pas durant le voyage.
Je suis excessivement fatigué, je suis ailleurs, j'oublie de mettre ma ceinture, de relever mon siège, une hotesse me guide.
Je devore le contenu des plateaux repas, et j'en redemande.
J'arrive le lendemain matin à Paris, et je vois tous les journaux qui ne parlent que de l'attentât, vous pouvez faire tous les efforts possibles, pour oublier, c'est impossible, je suis à Paris en transit, j'attends un autre avion pour Nantes, qui doit décoller vers 14 heures, et arriver à Nantes vers 15h30.
Arrivée à NANTES mon frère, ma belle soeur, et ma mère m'attendent, des longues embrassades s'ensuivent, mais on ne me pose pas de questions, et puis je suis si fatigué, j'ai hate d'avaler les 100 kilomètres qui me séparent de Pornichet en voiture.
Arrivé chez moi mon petit chat Willy The Cat, me saute dessus, se frotte contre mes jambes, il a l'air heureux, c'est pour lui, ma première longue absence, je l'embrasse beaucoup, pour moi c'est rassurant de le retrouver, mais mon téléphone ne cesse de sonner, je le débranche, je n'ai pas vraiment envie de parler.
Et instinctivement, je le rebranche, car j'avais un rendez-vous à l'hopital le 17 septembre, un rendez vous important....et puis je suis resté plusieurs jours sans trithérapie, çà dû me faire des dégats dans mon système immunitaire.
En fait c'est la Presse de la Loire Atlantique qui ne cesse de me sonner pour un rendez-vous : Presse Océan - L'ECLAIR - La Presqu'ile guérandaise, la presse locale
et même la presse militaire de La Roche sur Yon, je suis étonné, mais ne sachant rien de moi, ma mère à téléphoné dans tous les aéroports de Paris, l'ambassade, le Consulat, l'Agence ou j'avais pris mon billet - Les Bureaux d'Air France, et de Américan Air Line, j'ai des coups de téléphone de la totalité de mes amis, de l'hopital, et d'anonymes qui veulent savoir, je prends des rendez-vous à tour de bras.
Et puis et surtout, je veux écrire à la Sécurité Sociale, pour le remboursement des soins newyorkais, et du peu de gellules à 45$ pièces, téléphoner à ma banque pour ma carte visa, la préfecture, pour refaire mes papiers et mon passeport, tout çà çà me semble insurmontable, je ne sais pas par quoi je vais commencer.
dimanche 13 avril 2008
mercredi 2 avril 2008
21 SEPTEMBRE 2001
samedi 29 mars 2008
21 SEPTEMBRE 2001
Je n'ai pas dormi une seule nuit depuis le 11 Septembre, je vais dans un "Duane Read" (pharmacie) et je pique une boite de somnifères en vente libre, je prends de gros risques le vol est sévèrement réprimé.
les somnifères en ventes libres font autant d'effet que des bonbons - j'ai la tête qui explose, je pense à mon petit chat avec ses drôles d'initiales "Willy The Cat", il doit dormir, lui c'est sûr.
Anton (mon sauveur homme qui arrive en cas de coups durs pour les touristes) me téléphone, il me dit de foncer à AIR FRANCE dans la 53ème rue, pour confirmer un départ, de l'hotel à la 53ème rue, c'est loin, çà correspond à la distance du Sacré Coeur, aux Tuilleries ...Une fois arrivée, à AIR FRANCE (accueil chaleureux) mais on me fait comprendre, que çà ne sera pas encore possible, un homme en uniforme noir et boutons dorés, me dit, vous êtes seul,... oui Monsieur...on va pouvoir s'arranger, je parle avec lui un peu, il me passe son énorme téléphone portable, de la grosseur d'un "talky-Walky" et j'appelle ma mère, elle pleure au bout du fil, mais elle est heureuse de savoir que je suis vivant, je préfère ne pas donner ma date de départ, car je doute toujours.
Le pilote, me fait savoir que je peux partir demain vers 17 heures, il faut être à 5 heures avant à l'aéroport pour les contrôles et surtout si on a pas de papier,, mais j'avais dans ma valise à la consigne, un document, ma carte d'handicapé, avec photo.....ouf..!!!! j'apprends que çà va marcher.
les somnifères en ventes libres font autant d'effet que des bonbons - j'ai la tête qui explose, je pense à mon petit chat avec ses drôles d'initiales "Willy The Cat", il doit dormir, lui c'est sûr.
Anton (mon sauveur homme qui arrive en cas de coups durs pour les touristes) me téléphone, il me dit de foncer à AIR FRANCE dans la 53ème rue, pour confirmer un départ, de l'hotel à la 53ème rue, c'est loin, çà correspond à la distance du Sacré Coeur, aux Tuilleries ...Une fois arrivée, à AIR FRANCE (accueil chaleureux) mais on me fait comprendre, que çà ne sera pas encore possible, un homme en uniforme noir et boutons dorés, me dit, vous êtes seul,... oui Monsieur...on va pouvoir s'arranger, je parle avec lui un peu, il me passe son énorme téléphone portable, de la grosseur d'un "talky-Walky" et j'appelle ma mère, elle pleure au bout du fil, mais elle est heureuse de savoir que je suis vivant, je préfère ne pas donner ma date de départ, car je doute toujours.
Le pilote, me fait savoir que je peux partir demain vers 17 heures, il faut être à 5 heures avant à l'aéroport pour les contrôles et surtout si on a pas de papier,, mais j'avais dans ma valise à la consigne, un document, ma carte d'handicapé, avec photo.....ouf..!!!! j'apprends que çà va marcher.
19 Septembre 2001
Je vais à la caserne des Pompiers de la 33ème Street, le Pasteur Judge, figure comme mort "Number-one de l'attentat", je vois plein de corps de pompiers arriver, beaucoup de famille en pleur, je voudrais retrouver le pompier qui m'a sorti de cet enfer...mais je suis si chanceux d'être en vie, je me sens comme un usurpateur d'existence, j'ai envie de fuir - je ne fais pas grand chose par le manque d'argent...je me sens assez mal, je tremble, j' ai froid, l'oesophage brûlant, mes yeux sont méconnaissables, mais ce ne sont que des détails par rapport à l'ampleur du désastre, et puis je n'ai pas envie de me plaindre "malade" je risquerais de ne pouvoir prendre un avion (j'entends par malade+hiv+myèlopathie) j'ai l'impression que je vais virer de l'oeil, je reste dans ma chambre, Anton me téléphone assez souvent, mais il y a aussi ce couple raciste qui me cole aux talons, Anton à le dégout de les aider, mais ils sont vieux, et il fait son boulot avec beaucoup de droiture.
Le courant passe entre Anton et moi, je sens que l'on va rester ami, je ne sais pas pourquoi, mais il est différent avec moi, par rapport aux autres français, nous parlons de la ville de Byblos au Liban de l'association PARTAGE et de Amnesty International, dont j'ai le badge, Anton en plus de son travail, il aide les orphelins de Bombay, il se confie vraiment beaucoup, me parle de sa mère Anglo-saxone, et de son père Italien ( + confidences que je m'abstiendrais d'écrire là) - je descends je reste dans le hall un peu, la barman m'offre du thé, je remonte dans ma chambre, je redescends, j'ai des crises d'angoisse...et la note de l'hotel, est-ce vraiment gratuit, je ne possède aucun document écrit...je maigris pas mal , je n'avais francement pas besoin de çà...je vends mes lames de rasoir Gilette aux clients belges pour me faire de la monnaie (le lames Gilette sont horriblement chères à New York....je m'achète plusieures bananes, les plus vertes possible pour la durée...Anton revient vers moi, il a l'air désespéré, il me fait comprendre de ne pas trop compter sur l'avion du 20, il est + que complet, dans ma tête tout se brouille je n'arrive à penser à rien, je pense à mes parents (j'essaie ), qui ont dû tout voir à la télé, mon frère qui est en vacances dans un autre pays, et ma mère est seule, surement affolée à Pornichet, les communications sont toujours impossibles.
J'ai des pansements partout, ils commencent à être sales, mais je n'ai pas d'argent à mettre dans du sparadrap, je reste, tel que je suis., je prends bain de pieds sur bains de pieds, avec du vinaigre, pour désinfecter les plaies, je suis coincé, je suis obligé des rester à côté du téléphone, mais j'en ai mare plus que mare, je vais m'approcher de Ground Zero, ce que je vois, je n'en reviens pas, il y a au moins 7 tours énormes d'écroulées, je n'ai pas le droit d'approcher, il y a le FBI avec les chiens, çà brûle toujours à Ground Zero
Le courant passe entre Anton et moi, je sens que l'on va rester ami, je ne sais pas pourquoi, mais il est différent avec moi, par rapport aux autres français, nous parlons de la ville de Byblos au Liban de l'association PARTAGE et de Amnesty International, dont j'ai le badge, Anton en plus de son travail, il aide les orphelins de Bombay, il se confie vraiment beaucoup, me parle de sa mère Anglo-saxone, et de son père Italien ( + confidences que je m'abstiendrais d'écrire là) - je descends je reste dans le hall un peu, la barman m'offre du thé, je remonte dans ma chambre, je redescends, j'ai des crises d'angoisse...et la note de l'hotel, est-ce vraiment gratuit, je ne possède aucun document écrit...je maigris pas mal , je n'avais francement pas besoin de çà...je vends mes lames de rasoir Gilette aux clients belges pour me faire de la monnaie (le lames Gilette sont horriblement chères à New York....je m'achète plusieures bananes, les plus vertes possible pour la durée...Anton revient vers moi, il a l'air désespéré, il me fait comprendre de ne pas trop compter sur l'avion du 20, il est + que complet, dans ma tête tout se brouille je n'arrive à penser à rien, je pense à mes parents (j'essaie ), qui ont dû tout voir à la télé, mon frère qui est en vacances dans un autre pays, et ma mère est seule, surement affolée à Pornichet, les communications sont toujours impossibles.
J'ai des pansements partout, ils commencent à être sales, mais je n'ai pas d'argent à mettre dans du sparadrap, je reste, tel que je suis., je prends bain de pieds sur bains de pieds, avec du vinaigre, pour désinfecter les plaies, je suis coincé, je suis obligé des rester à côté du téléphone, mais j'en ai mare plus que mare, je vais m'approcher de Ground Zero, ce que je vois, je n'en reviens pas, il y a au moins 7 tours énormes d'écroulées, je n'ai pas le droit d'approcher, il y a le FBI avec les chiens, çà brûle toujours à Ground Zero
samedi 22 mars 2008
LE 16 SEPTEMBRE 2001 "une lueure d'espoir"
A l'hotel NEWORKER chambre 5328 mon téléphone sonne, je regarde le téléphone, personne ne peut m'appeler, je tarde à répondre, tellement sûr de ne rien comprendre, je fini par déccrocher "Mr Saban Jack...vous êtes bien Mr Saban "oui-oui" mon nom est Anton X je voudrais vous voir dans le hall de l'hotel, j'ai un costume gris, une chemise bleue, les cheveux dégarnis, je serais face aux ascenseurs.....dans un parfait français, mais avec l'accent, je vois un gars la trentaine je m'approche vous êtes Anton! , oui..on se met à une table pour discuter, mais dans l'immédiat, ce que je veux, c'est d'abord boire, et reprendre mes esprits, il est de la JET SET et D'Amnistie International, et me fait comprendre que je n'aurais rien a payer, je voudrais un écrit, un document, non non, me dit Anton, vous n'aurez rien à payer, Anton est adorable, je traverse tout New York avec lui pour trouver une "Duane Reade" pour me fournir en médicaments, mais chaque gellule est à 40 $, il m'en faut 17 par jour à mettre sur la note de l'hotel (mais je ne suis pas sur que mon compte soit approvisionné), et je pourrais payer une fois en France, je n'en prends que le tiers car je doute de tout, à New York une parole vaut un écrit ???, j'ai déjà un peu de médicaments, je me sens propre, j'ai un bon lit, la chambre est très luxueuse,il y a la télé, un ami à qui parler, par rapport aux trottoirs de la 33ème rue, c'est le Paradis, mais mes yeux fixent la télé, je veux comprendre, je veux m'assurer d'un vol pour Paris, le téléphone est rebranché mais on ne peut pas téléphoner de la chambre tout est sur écoute, mais du hall, je descends donc, et je vois un monde fou, faire la queue depuis le premier étage, pour le téléphone du sous-sol, j'attends plus de deux heures pour mon tour, mais pour pas grand chose, il n'y a pas d'avion pour la France, on envisage (dixit) le directeur d'Air France, de regagner la France en Paquebot via Le Havre durée une semaine, l'entétement mes médicaments comment trouver une solution, j'ai les traits tirés une sale gueule d'immigré, de je ne sais quel pays, enfin j'apprends que le 18 Sept, il y aura des avions, pour les billets vendus le jour même, on nous fait la vacherie de n'être pas prioritaire.....avec Anton, qui s'occupe aussi du couple détestable, qui refuse de dire merci à un jeune noir qui nous sert des jus de fruits à volonté, j'ai la honte.donc Anton m'invite dans un restaurant Indien, je n'ai jamais autant mangé que ce 16 septembre, il y aura peut-être (tout est peut-être) un avion vers le 20 Septembre.
LA JOURNEE LA PLUS LONGUE "911"
Nous attendons un véhicule pour le Medical Center Cornell, qui peut me comprendre, je suis dans un pays étrangers, sans pièces d'identité, sans passeport, et surtout sans carte bleue, le World Trade a tout avalé, me reste ma valise à la consigne, avec heureusement un peu de linge propre.
Arrivé à l'Hopital, je rencontre quelques français, assis dans les escaliers, la vision est cauchemardesque, des blessés partout, de tous pays, je rencontre un français de mon département, et il me dit je suis hiv, çà fait plein de difficultés, je préfère me barrer, comme je suis dans le même cas (même pire) je prends peur à mon tour, et je me tire avec lui....mais ou aller, dans ce grand New York, ou l'argent est Roi, toutes les liaisons sont coupées, devant l'ambassade de France, la queue fait au moins deux cent mètres, et çà n'avance pas, chaque cas est différent, nous partons à deux, le jeune homme qui m'accompagne ne perd pas le Nord, il a 20 ans
et rencontre une italienne qui l'héberge, et me revoilà seul, ou c'est chacun pour soi, je retourne à l'Hotel Wolcott, pour y dormir, mais ils n'ont qu'un mot à la bouche "paiement cash", je prends ma valise, je n'ai rien dans le ventre, je ne peux pas avertir ma famille, le téléphone est d'une part payant, et de toute façon toute la ville est privée de téléphone, je pleure,ce ne sont que plaies - parceque la douleur aux pieds est insupportable, et je pleure parce que je ne sais pas ou aller...la nuit tombe, et le ciel est rougeoyant au dessus des WTC, dans la 33ème rue, des gens s'installent sur le trottoir,poue la nuit, je me réserve une place, et me sert de ma valise comme oreiller, dormir sur les trottoirs de New York un avant gout de SDF, avec un peu de monnaie, j'achète une banane, c'est peu couteux, heureusement, j'ai un peu de monnaie.
Et subitement, la Police arrive, toutes sirènes en route et pleins phares,il y aurait parait-il une bombe dans l'Empire State Building, on nous dit de fuire à toute vitesse, les chiens aussi sont là...pour renifler la poudre, devant moi une femme italienne, agèe et impotante, ne peut pas faire vite, elle abandonne son bagage par la force des choses, la 33ème rue est au pied de l'Empire State Building, et on revient petit à petit, une fausse alerte, la valise de la dame, a explosé, car tous bagages abandonnés sont suspects, je suis dans un tel état de fatigue, que je ne sens même plus mes blessures, je sens que je ne suis pas près de dormir, je n'ai plus de cachets, je n'ai plus rien, des bruits courts que des pakistanais se baladent avec des cutters, pour piquer des passeports étrangers, et alors évidemment je gobe tout ce que les haut-parleurs disent, puisque c'est la police...je suis le seul français sur mon trottoir et je finis par rencontrer un couple de français très agés de Toulouse
banquiers à la retraite, terriblement raciste, leur racisme est à tel point que çà me soulève le coeur, mais je reste avec eux, je préfère avoir peur avec quelq'un que seul, et eux ont un peu d'argent, on prend un taxi pour l'aéroport, le chauffeur ne veut pas, il n'y a plus d'avions, il n'a pas envie de se rendre dans un endroit, ou il n'aura personne pour son retour...mais mon couple paie l'aller et retour (privilège des banquiers) je ne les quitte plus, je reste collé à leurs baskets, ils ont l'argent, moi j'ai des notions d'anglais, il faut comprendre "l'anglais hurlé comme à l'armée par le FBI) pas toujours facile dans ce New York qui pannique, les ordres sont braillés - Arrivés à l'Aéroport Kennedy - parsonne aux comptoirs "pas d'avions" on se couche au milieu des blessés, à même les dalles de marbre, on nous jette des couvertures, les plus valides attrapent les premières, les autre attendront le deuxième tour, si deuxième il y a...le doute me poursuit, à chaque décision, à côté de Air France, c'est Korean Air Line, beaucoup mieux organisé, on arrive à se procurer trois lits pliants distribués par l'armée, j'ai suis obsédé par l'idée de ne plus avoir de tri-thérapie, les dégats qui vont naitre à l'intérieur de mon corps, le Monsieur agè à besoin d'une pile pour son "Peace Maker", mais tout est fermé, je passe trois nuits à JFK trois nuits épouvantables, là aussi on nous fait le coup des gens qui se baladent avec des cutters, les nuits blanches s'empilent comme un mille feuille, j'ai le cerveau qui ne fonctionne plus....au bout de la quatrième nuit, un bruit court, que le New Yorker Hotel héberge d'abord les blessés, et les autres ensuite et gratuitement...je me retrouve au cinquante quatrième étages, avec une baie sur New York, c'est si beau, et au Sud si désastreux, des odeurs de brulés partout, je sors m'acheter une autre banane (j'ai appris gosse que çà valait un steack) je la coupe en deux, une moitié le matin l'autre moitié pour le soir, on nous distribue des bouteilles d'eau minérale, nous sommes le 15 Septembre 2001, la télévision n'arrête pas avec ses images en boucles des corps retrouvés dans les ruines.
Arrivé à l'Hopital, je rencontre quelques français, assis dans les escaliers, la vision est cauchemardesque, des blessés partout, de tous pays, je rencontre un français de mon département, et il me dit je suis hiv, çà fait plein de difficultés, je préfère me barrer, comme je suis dans le même cas (même pire) je prends peur à mon tour, et je me tire avec lui....mais ou aller, dans ce grand New York, ou l'argent est Roi, toutes les liaisons sont coupées, devant l'ambassade de France, la queue fait au moins deux cent mètres, et çà n'avance pas, chaque cas est différent, nous partons à deux, le jeune homme qui m'accompagne ne perd pas le Nord, il a 20 ans
et rencontre une italienne qui l'héberge, et me revoilà seul, ou c'est chacun pour soi, je retourne à l'Hotel Wolcott, pour y dormir, mais ils n'ont qu'un mot à la bouche "paiement cash", je prends ma valise, je n'ai rien dans le ventre, je ne peux pas avertir ma famille, le téléphone est d'une part payant, et de toute façon toute la ville est privée de téléphone, je pleure,ce ne sont que plaies - parceque la douleur aux pieds est insupportable, et je pleure parce que je ne sais pas ou aller...la nuit tombe, et le ciel est rougeoyant au dessus des WTC, dans la 33ème rue, des gens s'installent sur le trottoir,poue la nuit, je me réserve une place, et me sert de ma valise comme oreiller, dormir sur les trottoirs de New York un avant gout de SDF, avec un peu de monnaie, j'achète une banane, c'est peu couteux, heureusement, j'ai un peu de monnaie.
Et subitement, la Police arrive, toutes sirènes en route et pleins phares,il y aurait parait-il une bombe dans l'Empire State Building, on nous dit de fuire à toute vitesse, les chiens aussi sont là...pour renifler la poudre, devant moi une femme italienne, agèe et impotante, ne peut pas faire vite, elle abandonne son bagage par la force des choses, la 33ème rue est au pied de l'Empire State Building, et on revient petit à petit, une fausse alerte, la valise de la dame, a explosé, car tous bagages abandonnés sont suspects, je suis dans un tel état de fatigue, que je ne sens même plus mes blessures, je sens que je ne suis pas près de dormir, je n'ai plus de cachets, je n'ai plus rien, des bruits courts que des pakistanais se baladent avec des cutters, pour piquer des passeports étrangers, et alors évidemment je gobe tout ce que les haut-parleurs disent, puisque c'est la police...je suis le seul français sur mon trottoir et je finis par rencontrer un couple de français très agés de Toulouse
banquiers à la retraite, terriblement raciste, leur racisme est à tel point que çà me soulève le coeur, mais je reste avec eux, je préfère avoir peur avec quelq'un que seul, et eux ont un peu d'argent, on prend un taxi pour l'aéroport, le chauffeur ne veut pas, il n'y a plus d'avions, il n'a pas envie de se rendre dans un endroit, ou il n'aura personne pour son retour...mais mon couple paie l'aller et retour (privilège des banquiers) je ne les quitte plus, je reste collé à leurs baskets, ils ont l'argent, moi j'ai des notions d'anglais, il faut comprendre "l'anglais hurlé comme à l'armée par le FBI) pas toujours facile dans ce New York qui pannique, les ordres sont braillés - Arrivés à l'Aéroport Kennedy - parsonne aux comptoirs "pas d'avions" on se couche au milieu des blessés, à même les dalles de marbre, on nous jette des couvertures, les plus valides attrapent les premières, les autre attendront le deuxième tour, si deuxième il y a...le doute me poursuit, à chaque décision, à côté de Air France, c'est Korean Air Line, beaucoup mieux organisé, on arrive à se procurer trois lits pliants distribués par l'armée, j'ai suis obsédé par l'idée de ne plus avoir de tri-thérapie, les dégats qui vont naitre à l'intérieur de mon corps, le Monsieur agè à besoin d'une pile pour son "Peace Maker", mais tout est fermé, je passe trois nuits à JFK trois nuits épouvantables, là aussi on nous fait le coup des gens qui se baladent avec des cutters, les nuits blanches s'empilent comme un mille feuille, j'ai le cerveau qui ne fonctionne plus....au bout de la quatrième nuit, un bruit court, que le New Yorker Hotel héberge d'abord les blessés, et les autres ensuite et gratuitement...je me retrouve au cinquante quatrième étages, avec une baie sur New York, c'est si beau, et au Sud si désastreux, des odeurs de brulés partout, je sors m'acheter une autre banane (j'ai appris gosse que çà valait un steack) je la coupe en deux, une moitié le matin l'autre moitié pour le soir, on nous distribue des bouteilles d'eau minérale, nous sommes le 15 Septembre 2001, la télévision n'arrête pas avec ses images en boucles des corps retrouvés dans les ruines.
Inscription à :
Commentaires (Atom)


